Vioujard Christian, photographe de presse.

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                                               Qui veut gravir la montagne, commence par le bas.

  En 1971, après un passage de quelques années dans l’industrie, Vioujard Christian, parisien pur jus, électronicien de métier, fuit le quotidien industriel pour faire…photographe de presse, sans trop savoir où il met les pieds.  » Mon bon ange m’a dit : maintenant. J’y suis allé. Attendre, c’est déjà trop tard. Choisir, c’est la Liberté. » 

Il fait ses classes dans une modeste agence de presse parisienne, où il doit savoir tout faire, un peu de tout : lire la presse, couvrir l’actualité parisienne, faire le laborantin, écrire les textes & les légendes, vendre, archiver et classer. Après trois mois de ce travail ingrat et formateur, aucune école n’enseigne ces petits métiers, il obtient la carte professionnelle de journaliste, reporter photographe. » J’entre en accéléré dans métier. »

Une poignée de mois plus tard, dans le vestiaire du Stade-Français, à la Faisanderie(parc de Saint-Cloud), il croise la route d’un aventurier, Haroun Tazieff ( mai 1914-février 1998)  » Assis au côté de Haroun, chaussant les crampons, je lui demande, au culot, si il accepterait ma présence dans ses prochaines expéditions. » Il répond, de sa voix identifiable entre toutes : «  Par amitié sportive, j’accepte ta présence. Nous partons dans quinze jours pour l’Etna, Vulcano, Stromboli et, en août prochain, au Niragongo(Zaïre). D’ici là, garde la forme ».  » Haroun vient de m’ouvrir la porte des volcans et mis le bâton du voyageur, en mains. Je ne l’oublie « . De ses escapades, La Vie, l’Humanité-Dimanche, Le Chasseur Français, Tintin, Lectures pour tous, publieront des séquences (texte & photos).  » J’ai réussi à transformer mes essais. C’est ainsi que commence mon histoire de photographe professionnelPour autant, trop d’incertitudes demeurent pour dire que c’est gagnéAvant de passer à la lumière, il y a les ténèbres. »

Encore un peu vert, il poursuit sa formation en pigeant, de jour comme de nuit, à de nombreux titres de presse, dont l’Huma-Dimanche, Jeune Afrique, TF1, France-Soir, jusqu’en 1974, moment où il rejoint l’agence photographique Gamma Presse Images, (re)connue pour l’excellence de ses reportages & de ses photographes, aux talents multiples. » Le monde devient mon terrain de jeu et je ne vais pas me priver d’y jouer. »

Créée par un quatuor de journalistes, aventuriers, à la fin des années 60, cette jeune agence modifie les règles de la photo de reportages lorsqu’elle propose un partenariat vertueux, durable, équitable : l’égalité pour les frais de reportages & les ventes; les autres frais (achats des films, frais de labo, matériels, réparations, etc) restent à la charge des photographes, en totalité, pour qu’ils restent propriétaires de leurs supports, du copyright, du droit moral & patrimonial, liens indéfectibles entre l’auteur et son oeuvre. Désormais les risques sont partagés et la rémunération du photographe se fait pour un vrai temps de travail. On est à un demi milliard du sacro-saint emploi, garanti à vie, aux avantages, intouchables, ad vitam aeternam.

Tout nouveau dans l’entreprise, la chance lui donne rendez-vous lorsqu’il réalise un doublé rarissime, faisant la même semaine, avec quelques clichés, la Une de Time Magazine et celle de Newsweek, deux des grands noms des magazines d’informations américains. Après ce coup, connaissant déjà le milieu, les langues de vipère ne vont pas manquer de se manifester. Évalué, jugé, jaugé, dénigré. Toujours. Félicité ? Rarement ! C’est la réalité du métier.

 Mais avant de partir nez au vent, il pose les bases de son travail : marathonien, magazines, est-sud, mais aussi, anticipation-semailles-récoltes, partout et avant les autres-suivi dans la qualité, sur la durée. Avec ce carnet de route, il commence ses navigations fréquentes & régulières entre paris et l’Espagne, l’Europe centrale, les Balkans, le Grand Maghreb, l’Afrique de l’ouest & centrale, le Proche-Moyen Orient, la Chine et la…Corrèze de Jacques Chirac. Avec le temps et l’expérience, il s’ouvre à d’autres domaines : Sciences&médecine, métiers d’Art, grands projets, gastronomie, religion, etc. De ses reportages, il rapporte des centaines de milliers de clichés, n&b/couleur qui, au fur et à mesure, construisent une oeuvre.

 Après 28 années au service, exclusif, de la société, il est viré par le nouvel acquéreur, propriétaire d’un grand groupe international, multimédias « … Merci pour la collaboration que vous avez apportée à notre groupe depuis de nombreuses années. Le directeur-général sera plus élogieux : Cher Christian, je vous confirme que vous êtes à la fois un excellent photographe et l’un de ceux dont les aptitudes à deviner les attentes du public ne sont pas à démontrer. Vous figurez au second rang des succès commerciaux de l’agence, sur 20. Bravo. »!!!  Après ce dégagisme, sans cause réel et sérieuse, et huit années de procédures plus tard, on lui restituera un fonds, dévasté, démantelé, pillé, éparpillé, émietté, désossé, d’où se sont évaporés au moins 400.000 originaux n&b/couleur, ainsi que des milliers autres films & planches, n&b. « Je suis spolié. »

  Après autant d’efforts déployés et d’argent investi, il eût été dommage de ne pas optimiser ses reportages, trop vite édités. C’est ainsi, qu’après un long travail de bénédictin, il présente, en 2015 , à Châteauroux et à VichyRécits photographiques, une histoire sur des événements et personnages marquants des dernières décennies; suivi de Chirac, Instantanés au Musée du président, à Sarran (Corrèze). Ce condensé d’images n&b et couleurs, tous formats, présente un Chirac inédit, humain, tendre, savoureux, drôle, inattendu, sans mise en scène. Nature. » Au public de voir ce qu’il veut voir. » Pablo Picasso à propos de Guernica.

 » A mon ami Christian Vioujard, artiste incomparable qui a illustré toutes ces aventures par de     superbes photos. » Paris, Jacques Chirac.

« A travers ces photos, c’est la vie de mon mari qui est retracée. De bien belles photos que je ne  connaissais pas. J’ai vécu un fort moment d’émotion. » Bernadette Chirac, Sarran, juillet 2015.

 » Le succès que remporte l’exposition, qui lui est consacrée au Musée de Sarran, témoigne de l’attachement que portent les corréziens et l’ensemble de nos concitoyens à l’ancien Président de la République. » François Hollande, Président de la République, Avril 2015.

Après 3 années d’accrochage, à titre gracieux, cette 1ère rétrospective, vue par les 54.503 visiteurs du musée, rejoint les caves du musée. « Après le coup de coeur, le crève-coeur. Elle mérite de meilleurs lendemains. »

En 2016, un livre parait

 » En feuilletant cet ouvrage, j’ai ressenti beaucoup d’émotions. Tant de souvenirs ont resurgis. C’est pour moi et ma famille un magnifique cadeau. Vous avez des trésors M.Vioujard. Il aurait été dommage de ne pas laisser une trace.Voilà qui est fait. » Bernadette Chirac, Sarran, 8 juillet 2016.

 » A travers vos photos, j’ai appris à découvrir la Corrèze et ses habitants. » Bertrand Gaume, préfet de la Corrèze, juillet 2016.

 » Cher Christian Vioujard, vos Instantanés restituent l’Humanité de Jacques Chirac mais aussi sa volonté de dévorer la vie publique à pleines dents. Bien à vous. » François Hollande, Président de la République, Paris, septembre 2016.

 

                                                                                            POSTFACE.

       Quel est le déclic qui libère de la laisse invisible qui les tient attaché à un quotidien sédentaire, plat, fade pour…vivre de ses rêves ? Va, Vis, Deviens !

Le hasard ? La chance ? Le destin ? NON. Plus des coups de pouces; des rebondissements, inattendus; des surprises, espérées; des rencontres, fortuites; des aléas, favorables; des amitiés, vraies, durables. Un peu de tout cela, certainement.

 » Pour moi, j’ai un peu provoqué tout cela. Je ne serais pas arrivé là si…un jour de 1972, sur un terrain de rugby, crampons aux pieds, je n’avais pas croisé la route d’un aventurier, ingénieur géologue, volcanologue, chercheur d’épaves, spéléologue, partisan, écrivain, cinéaste. Il m’a mis le pied à l’étrier. A vie dans mes souvenirs. » 

 » Chaque reportage a été une page blanche qu’il a fallu remplir avec l’expérience du passé et les conditions du moment. A chaque fois, ça été une remise en cause et payé cash mes erreursJ’ai vécu des épisodes tous différents. J’ai frappé à la porte de multiples personnes aux profils variés. Ça été une suite rapide d’images en fondu enchaîné. J’ai saisi quelques clichés forts, uniques. Le reste se partage entre le bon et le quelconque. »

« A ce jour,  je ne pose pas un oeil endeuillé sur le métier mais…je me dis que c’était pas si mal avant. L’internet n’a jamais transformé un mauvais en bon. Le bon reste bon, le mauvais reste mauvais et…une merde, même exclusive, reste une merde. »